Le Pointu Facebook

 

Pointu = Terme dérivé de l’expression carcérale « Pointeur » désignant avec affection les pervers sexuels dans les prisons. Peut s’utiliser pour décrire un séducteur plein d’abnégation (= un séducteur qui insiste beaucoup).

Facebook = Réseau social où ça séduit un max !

Ex: Le mec a envoyé à 4h du mat un « Tu fais quoi? » par inbox à la meuf qu’il a tentée de séduire toute la soirée. C’est un bon pointu Facebook.

Twitter a révolutionné le journalisme et l’orthographe. Facebook a révolutionné la séduction et, d’une façon plus large,  a profondément remodelé les rapports humains. C’est avec des mots forts en chocapic que le Sociologue a souhaité poser les bases d’une analyse pointue du Pointu Facebook.  Longtemps traditionnelle,  la séduction est passée à l’ère 2.0 avec l’arrivée des caramails, skyblogs, Facebook, Twitter, Whatsapp etc… L’homme a tiré un grand profit de l’arrivée de ces supports technologiques grâce auxquelles il peut voir, planifier, s’imaginer, discuter, saliver, se poncer le concombre et parfois même rêver. Rêver de la profile picture de sa target et faire Rêver les copains (générosité toujours!) en contemplant, non sans gravité, le visage inégal de sa choppe de la veille. Facebook est aussi devenu ce grand théâtre interactif où il est possible de se surpasser en stratégies de séduction. Oui, Steeve aime à croire que ce réseau social nous rend meilleurs un peu tous les jours. Mais qui est vraiment Ce Pointu Facebook qui sommeille en nous? Que veut-il ? Où va t-il ? Voilà les grandes questions de notre temps qu’il convient d’appliquer à ce grand personnage du XXIème siècle…

 

I)             Le Pointu Facebook qui se fait des films

Le Sociologue serait bien mal intentionné s’il s’agissait de juger l’admirable personnage qu’est le Pointu Facebook. Steeve est d’ailleurs le premier à se déclarer Pointu Facebook. Soyons honnêtes: S’apercevoir que la bonne meuf de ses contacts facebook « commente » un de vos posts douteux ou, mieux encore, qu’elle a la bonne idée d’y aller de son « like » sur une de vos profile picture constitue souvent une belle caresse à votre égo! Une sorte d’invitation à lancer une petit inbox des familles et même pourquoi pas un petit « like » back histoire de montrer que s’il y a moyen vous répondrez présent avec beaucoup d’abnégation. N’hésitez pas non plus à la « poke » afin de la taquiner, c’est gratos et ça fait plez! En somme, rien de mieux pour travailler votre imaginaire. Vous vous projetez déjà en haut de l’affiche, sur une rooftop à siroter des cocktails en sa compagnie tout en lui citant du Balzac. Des images chargées d’émotions fusent dans votre tête : mariage, enfants, golden retriever, grande maison bourgeoise de St Germain en Laye… Vous êtes sur le point de réaliser votre rêve, celui de rencontrer une belle femme qui vous aime en retour. En fait, vous faites fausse route. Votre erreur réside dans une mauvaise interprétation des signes. Si votre belle amie like votre profile picture, cela ne signifie pas forcément qu’elle souhaite que vous lui fassiez un enfant ni – plus prosaïquement – que vous la ponciez. Le Sociologue est bien conscient que lorsque vous même likez une profile picture d’origine féminine, c’est généralement dans le but d’envoyer un signal positif au marché du type « Tu es bien bonne, c’est quand tu veux ». Malheureusement, les voies de vos contacts Facebook féminins sont souvent impénétrables…

NDLR : L’usage de l’appellation d’origine controlée « Bang With Friends » est une autre solution. L’interprétation y est généralement bien plus fluide qu’un Like. Sinon il y a toujours Tinder.

 

II)         Le Pointu Facebook qui surfe de profils en profils en suivant les tags des bonnes meufs

Il n’est pas rare de s’emmerder comme un rat mort sur Facebook. Les velléités de pouvoir des membres sont légions entre ceux qui font la course au like en exhibant leurs belles lunettes de soleil et les beaux paysages (cf : le Néo Backpacker) et les autres qui débattent des sujets politiques à la mode en postant des commentaires structurés en trois points deux remarques… Aussi parfois serait-il salvateur pour votre esprit de fermer cette horrible page bleue. Cependant, bien souvent à ce moment précis surgit dans votre newsfeed une intrigante photo d’une amie à vous. Une amie à vous qui physiquement est très loin d’être un bombe latine – pour citer l’académicienne Diam’s – mais qui a le mérite d’être accompagnée de quelques copines. Craignant un cheerleading effect (très répandu sur Facebook ou Instagram), vous décidez de cliquer sur ladite photo pour en avoir le cœur net. Nouvelle réjouissante, le gros plan confirme qu’il y a au moins une très bonne meuf. Et par chance celle-ci est tagguée. Vous vous dites qu’il serait bien dommage de ne pas aller vérifier que ses photos de profil sont accessibles à tout un chacun. Bingo, vous pouvez accéder à une bonne dizaine de photos. Quelques unes sont inexploitables car cette gigue sofreshfashion nous gratifie de covers FB de hipsters en mousse en prônant une spiritualité à deux francs CFA (« let’s find some beautiful place to get lost ») illustrée par d’immondes paysages champêtres. Cependant, à force d’abnégation et de courage, vous découvrez enfin une photo ponçable et effectivement elle est bien bonne ! D’ailleurs à nouveau sur celle-ci, apparaissent quelques jolis facies féminins avec une mention – et vous l’interprétez comme un don de dieu – au sujet du nom des personnes en présence. Et ainsi de suite vous continuez votre bonhomme de chemin en suivant les tags de bonnes meufs pendant environ une bonne heure. Vous réalisez par la suite que vous venez de perdre votre temps à rien branler et que vous vous êtes fait du mal car ces filles existent bel et bien mais elles n’ont de leur côté aucune preuve ontologique de votre existence. Aussi décidez-vous d’ouvrir une page youtube et de caler un viril « James Blunt – You’re beautiful » afin de chialer un bon coup.

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La cover Facebook Inspirational: L’objet du prochain carton rouge de Steeve

 

III)          Le Pointu Facebook qui compte ses choppes parmi ses contacts

Notez que ce deuxième grand profil n’est pas incompatible avec le premier type, ni même avec les suivants d’ailleurs. Lui, c’est un compétiteur ! Un chasseur alpin qui aime les trophées,  un grand collectionneur qui vise à marquer son territoire et laisser une trace derrière lui. Il compte sans relâche le nombre de ses contacts qu’il a choppés afin d’obtenir ce fameux chiffre d’or dont on il se vantera en société. « Oui tout à fait, j’ai choppé 230 de mes contacts FB« . Il n’hésite pas à passer des heures sur Internet dans le but de retrouver la trace de sa toute première choppe à l’école maternelle, histoire de gonfler sa jolie performance. « elle avait 4 ans et demi mais ça compte! ». Après chaque nouvelle conquête, il rajoute illico presto la principale intéressée et force parfois le destin en ajoutant quelques target croisés dans des soirées, à l’université ou encore sur le lieu de travail (avoir une target au boulot pour maintenir son braquemard alerte). Il est en quête d’un record du monde avec la satisfaction d’inscrire son nom au Guiness Book « Plus Grand Ponceur Facebook de l’histoire« . Il convient de rappeler que le pointu Facebook qui compte ses choppes jouit également de quelques compétences en statistique.

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note: Voici l’outil statistique utilisé par le Pointu Facebook lorsque celui-ci combine une facette de Hipster.

Le Pointu Facebook construit aussi des tableaux Excel pour calculer toutes sortes de ratio et statistiques éclairantes sur sa performance du type « j’ai choppé 30% de mes contacts Facebook féminins, 10% n’avaient pas l’âge légal, 13% n’étaient pas des femmes au départ » (cassededi » à nos lecteurs thailandais), 12% étaient in a relationship etc. » . Compter c’est important, ça fait plaisir à l’égo, ça mange pas de pain!

note : Le Sociologue est persuadé– si ce n’est déjà fait – que vous irez incessamment sous peu sur Facebook afin d’évaluer votre propre performance. C’est humain. N’hésitez pas à communiquer ce chiffre à vos proches.

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Bernard Arnault est satisfait, il a choppé 75% de ses contacts Facebook. Il espère que cette jolie performance profitera à l’action LVMH.

 

IV)        Le Pointu Facebook qui lâche l’inbox vicelard en fin de soirée:

Un peu de contexte: Le pointu Facebook Bruno a préparé sa soirée comme il se devait, l’esprit à la fête et le coeur débordant d’espoirs un peu fous. Préservatifs à la noix de coco, petite chemisette de séducteur, crème de jojoba sur le visage, Bruno n’a rien laissé au hasard. Mais parfois les aléas jouent contre nous et ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent à la fin. Tout avait pourtant bien commencé avec l’échange de moult eye contacts et de quelques sourires qui sont en général plus bavards que les mots. Assuré d’avoir le modjo dans sa poche droite, Bruno s’est mis à papillonner à la recherche du plan qualitatif parfait. Finalement il est 5h du mat et Bruno rentre une nouvelle fois la queue entre les jambes alors qu’il existait un potentiel pour de belles prouesses techniques sur le dancefloor. Notamment avec Natacha une connaissance à lui qui l’a chauffé toute la soirée mais comme c’était un peu trop facile, il s’est dit comme les Daft Punk « let’s raise the bar and try to get lucky ». Arrivé dans sa chambre complètement soul, il ouvre Facebook et s’aperçoit avec délectation que la fameuse Natacha est également connectée. N’écoutant que son sexe, il lui envoie un « T’es rentrée ? Tu fais quoi ? » sans complexe façon sexe. A la suite de sa réponse éloquente « bah je suis chez moi, je vais me coucher », il met en place un plan de communication dans sa tête pour diriger habilement la conversation vers des eaux plus troubles dans le but de lui octroyer une photo d’elle dénudée ou de proposer un sex skype à l’ancienne. En dépit d’un refus prévisible, il se dit qu’il ne sera pas à court d’arguments solides, du type « allez c’est bon t’inquiètes, je vais même pas la regarder, j’écris juste un mémoire sur l’évolution des mensurations féminines ». Lui-même ne sait pas trop ce qu’il espère. Il y a tout de même très peu de chances que Natacha, ex-nihilo, lui réponde qu’elle est nue et qu’elle l’attend en se caressant. Mais c’est pas grave, il persiste. Après la déconnexion intempestive de son interlocutrice (qui du coup n’était pas nue et ne l’attendait pas) et après avoir piétiné sa propre dignité, il se résout à envisager l’astiquage classique via les plateformes de vidéos adultes. Le réveil est souvent difficile à assumer.

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Bruno qui pose et fume une petite cigarette après ce bel inbox envoyé en fin de soirée.

 

V)          Le Pointu Facebook qui galère en ce moment et qui relance quelques Ex

Le Sociologue aime beaucoup ce profil car il est profondément humain. Il ne s’en cache pas. L’homme a des besoins vitaux (manger, boire, dormir, se reproduire) et si certains sont faciles à sustenter, d’autres nécessitent parfois le recours à des moyens interlopes. Imaginons Romain, jeune et frétillant freluquet, qui n’a pas eu l’occasion de caresser la pomme d’Eve depuis un sacré bout de temps. A force de reluquer les photos sucrées de ses Ex, il se dit que ça serait pas mal d’aller « boire un café » avec elle(s) un de ces 4.  Il décide donc de lâcher l’inbox qui tue à Laetitia dont la seule évocation du nom lui redonne confiance en un avenir fait d’opportunités. Attention l’inbox qui suit a été inventé de toutes pièces. Toute ressemblance avec des faits ou personnes existantes ne serait que pure coïncidence :

« Hello Laetitia, comment ça va, ça fait un bail! Je venais juste aux nouvelles 🙂. J’ai vu que tu vivais sur Paris en ce moment. Moi aussi, c’est drôle non ? 🙂 Moi, les cours se passent tranquillement, mais j’ai besoin de vacances au soleeeeeeeil et de faire la fête…! LOL Trop hâte que le week end arrive, en attendant il faut qu’on se soutienne moralement ahah. D’ailleurs à l’occaz, faudrait qu’on aille boire un coup un de ces 4 ! Tiens moi au courant ça me ferait plaisir 😉 En tout cas bon courage, je t’envoie toutes mes ondes positives. Je t’embrasse à bientôt.

Ps : Et hésite pas à m’appeler quand tu vas teuffer un peu :p » 

Analyse du mail :

La gentillesse de mise et l’utilisation de smileys redondant et de « ahah » sont des techniques bien connues du pointu Facebook, une façon de montrer sa joie mais également de légitimer ses demandes de pointu: « Tu pourrais me sucer 🙂 ? » ça passe crème comparé au vulgaire : « tu pourrais me sucer ? » En mode « t’inquiètes je rigole, mais si tu te chauffes en soi je peux me chauffer ! ». On remarque aussi l’évocation appropriée de thèmes qui font l’unanimité comme la perspective de vacances au soleil ou encore la routine malheureuse des cours. Pour conclure, un « je t’embrasse » beaucoup plus classe et sensuel qu’un « gros bisous » ou que le détestable « la bise » vient ponctuer un mail de pointu maitrisé de bout en bout. Chapeau bas Pointu !

 

VI)        Conclusion

Le Sociologue ne vous a pas menti. Une nouvelle fois, il vous invite à sortir de la caverne des illusions pour contempler le monde avec recul, tel qu’il nous entoure. Voyez votre prochain en frère car il n’est finalement pas si différent que vous. Le Pointu Facebook n’a de conseils à recevoir de personne. Ne le jugez pas. Il est vous et moi (surtout moi). Il fait partie intégrante de notre société et quelque part c’est tant mieux !

NDLR : N’hésitez pas à nous contacter le Sociologue, toujours avide de témoignages, pour nous faire part de votre expérience de Pointu Facebook. Notre méthodologie scientifique repose uniquement sur l’empirisme et donc toute anecdote est bonne à prendre !

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