L’Entrée en Nighclub Discothèque. Stratégies de négociation avec le videur.

 

Se faire refouler à l’entrée d’une boite par un mauvais videur est une épreuve terrible… A peu près aussi humiliant que de prendre un petit pont par un cul de jatte et de tomber sur les fesses. Une véritable insulte à votre égo et un camouflet pour le VIP qui sommeille en vous. Cet article dresse un panorama plus ou moins exhaustif de ces soirées testiculaires dont le dénouement est souvent un bel échec.

 

I) Contexte…

Chaque week end, c’est la même chose. Saturday Night Fever à Paris avec quelques copains. Il est 23h30. Les bouteilles commencent à accuser le coup. Vous n’avez pas raté le train de la race express et vous avez, semble t-il, bien négocié le virage des premiers shots. Pile poil dans l’ambiance et prêt à en découdre sur le dancefloor d’une te-boi au cheptel féminin affriolant. Votre imaginaire s’envole au gré du vent. Séduction, ponçage. Rien ne semble perturber cet optimisme qui emprisonne votre raison. Ah si juste un point, vous êtes 4… 4 jeunes hommes prépubères. Certes vous avez enfilé votre plus bel outfit, mais ce n’est pas une assurance tout risque pour poncer le dancefloor du Social club. Un proverbe pakistanais évoque cette dualité complexe: « mieux vaut être accompagné d’une belle plante que d’un beau pantalon ». Il est minuit. Vous prenez un tacos, direction le Social Club pour vous envoyer du gros son berlinois et croire toute la soirée que vous allez séduire, alors qu’en fait, non. Le tacos parisien vous dépose après avoir fait un détour pour grignoter quelques euros de mange quignon. Merde il y a un peu de queue. Vos chances de rentrer viennent subitement de passer de 30% à 10%. Il faudrait un miracle…

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Ceci n’est pas une queue… Ceci est une grosse queue.

 

II) Dans la file d’attente…

Bruno Jean Jacques, Marc Jean Luc, Ludovic Wilfried et vous même (Alain Gilbert de votre prénom) vous insérez rapidement dans la file d’attente. Vous êtes souls et intrépides. Vous décidez de jouer crânement votre chance. 4 mecs, social club. Concert de hipsters berlinois. Minuit 30. Queue aussi longue que le pénis de King Kong. « T’inquiètes, je vais la jouer fine avec le videur » vous rassure Ludovic Wilfried, 3 grammes et demi, convaincu de son pouvoir de persuasion auprès d’un videur qu’il ne connaît ni d’Adam Sandler ni d’Eve Angeli. Bruno Jean Jacques, le malin de la bande y va de sa petite suggestion rusée: « Hey les gars, j’ai une idée, venez on fait style qu’on ne se connaît pas et on fait deux groupes de 2. L’un des deux groupes se place quelques mêtres derrière. » Après sa théorie de la relativité, Albert Einstein revient en forme avec sa stratégie de séparation des groupes de 4 en groupes de 2. Marc Jean Luc, lui ose aller plus loin « Les gars, j’ai encore une meilleure idée. Et si on faisait 4 groupes de 1… A chaque passage devant le videur, on a qu’à dire qu’on rejoint nos potes qui sont déjà à l’intérieur« … Sur le papier, on pourrait presque crier au génie. Dans les faits, c’est loin d’être aussi easy. Alain Gilbert, soit vous même, ajoute une autre tactique « venez on se met derrière des gens qui se feront sûrement tejes, genre des moches. On passera pour des beaux gosses VIP comme ça derrière ». Après ce concours de stratégies en carton qui dure une bonne demi heure, soit le temps d’arriver devant le videur, une voix ramène chacun à la raison:

« – Bonsoir vous êtes combien? déclare un videur, une sorte de personne humaine de 4 mètres de large.

– Euuuh. Deux groupes de 2 !! «  répond du tac au tac Bruno Jean Jacques… Hé merde… Bruno…

 

discussion

« Alors on est 4 mecs, on a de la tize dans nos sacs et on a un style approximatif… Vas y fais pas ta pute, laisse nous rentrer! » 

 

III) Par delà le refus: s’accrocher au maigre espoir d’une négociation

 

1) La négociation rationnelle  

Taux de succès: 0,01%

Vous avez un videur en face et vous décidez, non sans panache, de lancer un débat d’idées. Très mauvais choix. N’est pas Socrate qui veut. Accoucher de l’esprit d’un videur vous expose à de gros risques collatéraux: soit un poing dans votre gueule soit, plus inquiétant encore, la découverte que le videur a un pruneau d’agen à la place du cerveau. Peu importe, Bruno Jean Jacques, surpris par le refus pour le moins inopiné du videur du Social Cloub devant la présence de 4 gays lurons, souhaite comprendre:

« Monsieur le videur, loin de moi l’idée de vous contredire, mais nous nous sommes habillés en mode BG, j’ai même mis mon jean Kaporal, nous n’avons pas bu et nous n’avons pas des têtes de gangsters. Nous serons sages comme une image. Nous avons de plus quelques cash flows disponibles pour gratifier les filles en présence de quelques shots. J’aimerais comprendre les raisons de ce refus que je ne m’explique pas. Quel a été le processus qui a dicté votre décision? »

– Faut venir accompagnés messieurs! C’est tout.

– Bah nous le sommes. Je suis accompagné de 3 potes, ça suffit pas?

Veuillez sortir de la file messieurs » répond sèchement le videur en claquant la bise à 2 avions de chasse, vêtues de jupes (ou de ceintures larges, ce n’est pas très clair…) qui vous passent devant sans vous adresser le moindre regard. Là Bruno Jean Jacques se tourne alors vers vous et lance le fatidique: « Bon Globo ou Memphis? ». 

 

2) La négociation Lèche Cul avec le videur ou la méthode de séduction du videur

Taux de succès: 1% (si pas de meufs) ou 50% (si meufs bonnes)

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Il y a toujours un ou deux mange merdes pour activer une négociation avant même de s’être fait tej. Le videur vous dit d’attendre patiemment dans la file. Là Alain Gilbert y voit une opportunité de séduction du videur. Taper un peu la discut’ afin de générer du lien social tranquillement.

« Il fait froid en ce moment héhé! ça va y a de l’ambiance à l’intérieur..? En tout cas grosse line up ce soir, RESPECT le social, vous envoyez du lourd! »

– Oui on attend du monde ce soir. Vous êtes combien? répond le videur visiblement indifférent au fait qu’on puisse le considèrer comme l’un des responsables de la programmation musicale du Social.

– 4, répond Alain Gilbert confiant dans sa stratégie tout en montrant ses 3 potes masculins.

– Je suis désolé, ça ne sera pas possible pour ce soir messieurs.

Lécher le cul ne fonctionne pas tout le temps. Cette stratégie est plus efficace si un être féminin à la poitrine proéminente fait partie de votre groupe.

 

3) Le négociation  « Je viens tous les samedis. Wallah! » ou « je suis sur liste, je connais Guillaume »

Taux de succès: 0.3 % (le videur l’a entendu trop souvent celle là…)

– Non mais c’est pas possible, monsieur le videur, il doit y avoir erreur, je viens ici tous les samedis, je ne me suis jamais fait refouler. Je suis un habitué monsieur. Je connais Guillaume, c’est le cousin par alliance du patron… »

– Ta tête ne me dit rien. Et je ne sais pas qui est Guillaume. Désolé. »

Généralement, en passant devant une file d’attente rassurée de voir une nouvelle personne se faire tej, Alain Gilbert n’en démord pas et continue de montrer son incrédulité en s’exclamant bien fort pour que tout le monde comprenne bien qu’il ne s’agit que d’une vulgaire erreur « je suis furax, je vais appeler Guillaume, non mais sérieux, enfin c’est ouf, c’est la première fois, c’est le videur il doit être nouveau… La vérité je vais appeler Guillaume il va le faire virer ». Vos potes vous encouragent « ouais vas y fais ça, sérieux, il s’est pris pour qui de nous refouler? »

 

4) La négociation « La tête de ma mère je suis pas bourré »

Taux de succès: 15% (le videur peut être sensible à une performance gymnastique)

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Souvent, le videur avance un argument hyper inventif pour vous refouler: « non messieurs, vous êtes trop bourrés ». Sans lui rétorquer que c’est un peu le projet ce soir, vous jouez alors le mec surpris et complètement serein « ah non mais alors pas du tout » (alors même que vos yeux prennent l’apparence d’un vitrail de la chapelle sixtine). Vous êtes prêt à tout pour lui prouver qu’il a tort et que vous êtes en pleine forme. Vous décidez de gratifier les videurs de quelques figures gymnastiques: double salto périlleux, triple lutz, plongeon cassé des épaules… Vous avez à coeur de lui témoigner d’une maitrise parfaite de vos faits et gestes. Sans oublier le fameux combo difficile à réussir en live: bras passant sous la jambe-main sur le nez… Les taux de réussite de cette figure sont très faibles aux alentours de minuit (en tout cas, si vous avez fait votre préchauffe convenablement…)

 

5) La négociation « Perte de Sang froid totale » ou pas de négociation

Taux de succès: … Steeve ne sait pas trop combien, mais sûrement un pourcentage négatif.

L’insulte du videur pure et dure. Plausible et envisageable mais conditionnée à des capacités physiques exceptionnelles. Ex: Vous êtes aussi costaud que le videur ou vous courez extrêmement vite.

« OK on entre pas? Bah va bien niquer ta mère gros fils de pute avec ton QI d’opossum trisomique ».

 

6) L’absence de négociation et  l’hubris égocentrique

Taux de succès: 0%

  » De toute façon, ta boite de nuit, c’est de la merde, jamais plus j’y remets les pieds !!« . Vous passerez certainement pour un gros con parce que de toute évidence vous comptiez rentrer dans cette boite de merde, mais vous vous êtes fait refouler comme une personne lambda. Une petite crotte. Une NVIP (Not Very Important Person).

 

7) La négociation honnête et sans détour…

Taux de succès: 25% (si vous tombez sur un ancien séducteur du dancefloor, votre discours pourra l’attendrir.)

 La stratégie « jouons carte sur table ». Le videur vient de vous lancer un sanguinaire « non messieurs, ça ne sera pas possible ce soir« . Peu importe, vous prenez le videur à part et entamez un monologue basé sur l’honnêteté:

« Monsieur le videur, je comprends et respecte tout à fait votre objection à notre entrée dans cette vénérable institution de la night parisienne. Cependant, à notre décharge, nous sommes 4 personnes qui aimons la teuf, la bonne musique et les bonnes meufs. Votre discothèque nightclub recèle de nombreuses filles que nous avons à coeur d’encanailler comme il se doit. Nous avons envie de passer une bonne soirée et sommes persuadés que ce sera le cas ce soir chez vous. Nous sommes qui plus est de jeunes et beaux diplomés de business school de commerce et nous avons beaucoup d’argent à dépenser en bouteilles, shots et autres breuvages nocturnes, ce qui aura une répercussion directe sur le chiffre d’affaires de votre patron qui augmentera votre salaire s’il n’est pas un enfoiré de radin. Enfin, pour vous redire tout notre intérêt,  nous avons terriblement envie de séduire et de poncer votre dancefloor. Merci de bien considérer l’expression de ma séduction distinguée ».

Si le videur n’est pas un gros batard de samerlipopette, il appréciera le discours de vérité que vous avez tenu. Sinon, il vous dira froidement de sortir de la file d’attente car vous gênez les vrais clients. Tristesse.

 

IV) Conclusion: 

C’est malheureux mais en général « Non…c’est non! ». Même si vous êtes un négociateur hors pair (du style le séducteur négociateur). Pas de solutions miracles en somme. Ou plutôt si. Trouvez vous des gonzesses. Bonnes si possible. Mais quel est l’intérêt d’aller en boite si vous avez déjà des gonzesses? Ah oui, c’est vrai, on peut toujours lâcher quelques moves sur le dancefloor. ça fait plaiz aussi de poncer le dancefloor!

 

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